Guillaume Apollinaire : la jolie rousse
Guillaume Apollinaire, la jolie rousse, mémoire de guerre, haut-parleur brisé, fantômes, apparition numérique, chevelure pixelisée, flammes électriques, amour impossible,
Il parle seul sous les néons vacillants d’une gare éventrée. Son crâne, traversé d’une cicatrice, bat comme un tambour crevé. À chaque pulsation, la guerre revient : les noms des morts se mêlent aux horaires effacés d’un tableau noir qui clignote encore. Dans sa main, une clé rouillée. Il croit qu’elle ouvre la chambre où dort la rousse.
La voix se déchire, moitié prière, moitié comptabilité des fantômes. Mais derrière lui, un haut-parleur brisé répète ses mots plus graves, plus lents, comme si une autre bouche parlait en lui. Il se retourne. Vide. Pourtant le bruit continue, haletant, parasite.
Alors elle surgit. Pas dans un champ, mais sur l’écran fissuré, chevelure pixelisée, flammes stables au milieu du chaos électrique. Elle sourit. Ou bien c’est une distorsion. Il tend la main, attiré comme fer par l’aimant.
Un claquement sec. Tout s’éteint.
Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine.
On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943
Voilà. Bref.
Abdelghani Boudik
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