Jean Aicard : Marseille
Jean Aicard, Marseille, port de Marseille, carnet gondolé, odeur du goudron, perroquet braillard, docker épuisé, ruche humaine, Notre-Dame d’or, bateaux penchés
Carnet gondolé, pages qui collent au goudron. Le vent arrache les mots, les salit d’odeur âcre. Sur le quai ça hurle : blé qui ruisselle, tonneaux noirs, perroquets braillards. Le port, c’est un ventre — ça digère tout, ça recrache des cris.
Ruche humaine, oui. Mais la cire colle aux doigts, le t’es à la menthe renverse des flaques sucrée sous les tables des cafés. Le docker qui s’effondre ? J’ai vu sa chemise trempée, auréole de sueur jaune. Faible détail, pas lyrique, mais réel. Et moi je souris bêtement quand le perroquet répète « Salaud ! Salaud ! ».
Notre-Dame d’or veille au-dessus, plantée comme un ange gardien brillant dans le ciel. Les mâts, lances, ifs, crocs — tout ça qui fend l’azur. Soleil, sel, sueur. Ça siffle et ça mord.
Puis vient le soir. Les bateaux penchés se balancent, énormes bêtes grasses. Je replie le carnet trempé, ça pue la friture froide, et je note quand même : Marseille, je te kiffe grave.
Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine.
On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943
Voilà. Bref.