Pierre de Ronsard : mignonne, allons voir si la rose
Ronsard, mignonne allons voir si la rose, cueillez vostre jeunesse, carpe diem, vieux français poésie, rose cheue, robe vermeille, marastre Nature, peur du temps,
Formica froid, odeur de kebab qui s’attarde. « Mignonne, allons voir si la rose… » — elle « avoit desclose » au matin sa robe vermeille ; et vespres venues, déjà « cheue », froissée, ternie. Marastre Nature l’a jetée bas. La splendeur : un soupir.
— Cueillir ? souffle-t-elle. Comme si le choix avait un parfum. — Cueillez, cueillez vostre jeunesse ; la phrase siffle, se perd. Sss… souffle, silence. Le verre résonne, ride, rature.
Elle : On m’a volé des heures sous prétexte d’enfance. Lui : J’efface un mot, l’encre bave. Un micro saturé crache (train voie C retardé), et leurs voix se croisent dans le grésillement.
— Tu dis choir ? — Cueillir — ou choir. — Moi je suis tombée avant qu’on me dise que je pouvais voler, brisée une fois, brûlée encore. Et toi tu touches ta joue, peau rêche, ride au miroir.
Pas de saisons. Pas d’aiguilles. Seulement le corps, ses silences, ses brûlures. Seulement l’ordre nu qui griffe les tempes, souffle serré.
Les voix s’entrelacent : « Pas cueillir. Pas choir. » Ni rose, ni ride, ni vesprée. Présente — fissurée — sans chute. Sans poème —
[clac de verre]